Partager l'article ! Les Vikings dans la littérature française 1: Jeudi 9 février, Jean Renaud a soutenu la gageure de dresser, en un peu plus ...
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Jeudi 9 février, Jean Renaud a soutenu la gageure de dresser, en un peu plus
d'une heure, un panorama de la présence des vikings dans la littérature française
sur une période de un millénaire...et il l'a fait avec vélocité et abondance de citations !
Je ne reproduirai pas in extenso sa conférence, je n'en serai pas capable mais
j'ai choisi quelques uns des écrivains qu'il a cités soit pour des raisons historiques
soit pour les écrits intéressants qu'ils ont laissés
Le Viking ou plutôt devrais-je dire le Normand ( au sens premier, l'homme du
nord), tel Janus, est un homme à deux visages, soit un barbare sanguinaire qui
pille, viole et tue sans aucun remord soit un aventurier capable de partir sur les
mers à la recherche de terres à dominer, un combattant redoutable, certes,
mais tolérant voir chevaleresque.
Peut-être est-il les deux suivant les circonstances finalement ?
Le premier des écrivains cités est Dudon de Saint Quentin ( 960 ? 1043?),
chroniqueur normand, attaché à une œuvre connue sous l'intitulé « Historia Normannorum », un récit commandé par le Duc Richard 1er de Normandie
à la fin du 10ème siècle.
Le récit s'organise autour de quatre biographies :
Hastings (810-893), le Viking primitif, cruel, païen et barbare qui n'hésite
pas à revenir là où il a subi un échec, Rollon (845?-930?), le Viking, converti
au christianisme, qui devient le premier maître de la Normandie, Guillaume
Longue Epée, son fils, et, enfin, Richard 1er le petit fils.
Dudon montre donc les deux faces des Vikings, le bon et le méchant, pourtant
c'est l'image du méchant qui persistera dans la mémoire collective jusqu'à nos
jours.
Wace (1100?-1180?), dit aussi Guace ou Wistace, est un poète normand
auteur de l'œuvre majeure le Roman de Rou, chronique versifiée, qui raconte
l'histoire de Rou ou Roll c'est à dire Rollon dans laquelle il n'hésite pas à ajouter
des commentaires sur la vie et le caractère des personnages.
Cette image est tout fait appropriée pour introduire l'auteur suivant,
François Rabelais (1488?-1553) donne à Panurge la capacité de répondre à
Pantagruel en plusieurs langues dont le danois, langues existantes ou inventées
par Rabelais, avant de s'exprimer en français.
Voltaire (1694-1778) dans « l'essai sur les mœurs et l'esprit des nations »,
consacre un chapitre, qui mérite d'être cité, sur les normands : quelques extraits
du chapitre 25
« Des Normands vers le 9ème siècle »
« Les Normands continuèrent leurs dévastations; mais, quoique ennemis
du nom chrétien, il ne leur vint jamais en pensée de forcer personne à
renoncer au christianisme.
Enfin Rollon ou Raoul, le plus illustre de ces brigands du Nord, après
avoir été chassé du Danemark, ayant rassemblé en Scandinavie tous
ceux qui voulurent s’attacher à sa fortune, tenta de nouvelles aventures,
et fonda l’espérance de sa grandeur sur la faiblesse de l’Europe.
Rollon fut le seul de ces barbares qui cessa d’en mériter le nom, en
cherchant un établissement fixe. Maître de Rouen sans peine, au lieu de
la détruire il en fit relever les murailles et les tours. Rouen devint sa
place d’armes; de là il volait tantôt en Angleterre; tantôt en France,
faisant la guerre avec politique comme avec fureur. »